la fin du livre? je prendrais bien une liseuse en l’attendant
Changement de paradigme. C’est l’expression – galvaudée? – qu’on utilise pour résumer l’ensemble des mutations que traversent actuellement les industries de «contenu». Elles n’ont pas toutes été affectée au même moment ni de la même façon, mais elles y passeront toutes parce que, que ça plaise ou non, les nouvelles technologies de l’information et des communications vont continuer de chambouler nos modes d’expression, de production et de consommation de l’information.
Avec l’essor des NTIC, la facilité avec laquelle partage et reproduction nous sont maintenant permis en fait des enjeux capitaux: d’une part, les possibilités des technologies ont tout pour faire rêver quiconque valorise le partage des connaissances; de l’autre, ce même potentiel dérange au plus haut point l’ordre établi. La mise est énorme pour les joueurs en place.
Dans ce contexte, l’industrie du livre a jusqu’ici été relativement épargnée. Mais la vague s’en vient. Elle risque même d’arriver plus vite qu’attendu. L’industrie du livre peut espérer tirer leçon du sort des industries de la musique, du cinéma et de la presse pour mieux s’en sortir, mais quelle leçon exactement? Les distributeurs, éditeurs, libraires, écrivains se soucieront-ils des possibilités spectaculaires de partage des connaissances maintenant permises, ou se contenteront-ils de protéger farouchement leurs droits acquis?
Le livre ne mourra évidemment pas – comment le pourrait-il, alors qu’il constitue encore et toujours le support de conservation le plus durable, le seul support aussi ne nécessitant aucun outil, aucun filtre pour accéder à son contenu? Le livre électronique dispose toutefois d’attraits fort convaincants. On ne les a d’ailleurs pas encore tous découverts, je gage. Ainsi, l’impression de textes ou la lecture à l’écran peuvent être franchement rebutantes, alors que la liseuse se rapproche assez de l’objet-livre, facile à transporter, à manipuler et à consulter.
Comment les acteurs du livre réagiront-ils lorsque les liseuses deviendront un objet banal et l’échange de fichiers, une pratique courante si ce n’est désirée? Si nous pouvons passer un livre à un ami, il semblera tout naturel de vouloir lui transmettre un fichier que nous avons apprécié. Il y a de quoi inquiéter les gens qui vivent de la vente de textes… mais espérons qu’ils réaliseront que la gratuité du partage compte pour beaucoup dans le plaisir qu’il peut nous procurer.
Sans compter que le livre électronique pourrait réserver d’autres surprises à l’industrie. Ainsi, de nombreux textes difficiles d’accès parce qu’anciens ou spécialisés pourraient connaître un nouveau «succès», libérés qu’ils seront de devoir être publiés papier, mais aussi devenus plus intéressants grâce à un support de lecture vraiment convivial. Par exemple, si les universités peuvent s’engager sérieusement dans la diffusion de thèses électroniques et dans la constitution et le maintien de dépôts institutionnels, les liseuses seront l’outil idéal pour profiter de ce contenu. Nos habitudes de lecture risquent de changer. Déjà, l’expérimentation des liseuses a fait redécouvrir leurs classiques à plusieurs. Parions que les pratiques des lecteurs-acheteurs n’ont pas fini de nous étonner. Et souhaitons aux acteurs du livre de suivre le courant plutôt que de lutter.



Ce qui m’inquiète (un peu), c’est de voir les livres électroniques transformer notre façon de lire, au point où il nous sera de plus en plus difficile de lire un texte du début à la fin sans se laisser tenter par du contenu en temps réel ou multimédia : en commentant des extraits, en lisant les commentaires de tous les autres lecteurs, en consultant et proposant des liens, des vidéos, etc.
Je ne sais pas pour vous, mais je n’arrive pas à lire un article de Wikipédia sans résister à la tentation d’ouvrir 5 autres articles. Pour le partage et la découverte d’informations, c’est merveilleux. Pour l’appréciation de la littérature et des textes analytiques qui demandent réflexion, je ne suis pas certain.
Sans parler que ces appareils ne tarderont pas à servir de support pour vérifier les courriels, surfer sur le Web, Twitter, écouter des films et des balados, etc… Imaginez que vous lisez un livre et qu’il se met à vibrer parce que vous venez de recevoir un courriel…
Je partage ton avis que les livres imprimés continueront à exister, mais ma crainte est qu’il soit de plus en plus difficile de les lire!
VincentAC a dit ceci sur 8 octobre 2009 à 15 03 13 1013 |
«Is Google making us stupid?», on y revient toujours, n’est-ce pas? C’est certain que le «multitasking» a ses limites et que d’avoir accès à plusieurs outils d’info ou de comm simultanément nuit à une lecture nécessitant plus de concentration. La motivation qui nous amène à lire un certain texte doit quand même compter aussi. Lorsqu’on est pris par une lecture, c’est plus facile d’ignorer des sources de distraction. Et bon, pour l’instant, les liseuses qu’on nous propose ne sont pas Wi-Fi et permettent certes de combiner lecture et musique, par exemple, mais pas d’accéder au Net… Merci pour ton commentaire!
pirathecaire a dit ceci sur 10 octobre 2009 à 21 09 53 1053 |
Je profite moi-même de la nouvelle technologie pour diffuser un roman-feuilleton sur Internet. Je me demande si l’avènement des liseuses nous ramènera aussi le roman-feuilleton comme il se pratiquait autrefois, mais cette fois par le biais d’internet, du courrier électronique ou du fil RSS…
Très intéressant blogue, en passant, je vais y revenir!
Sébastien a dit ceci sur 9 octobre 2009 à 11 11 13 1013 |
Bien contente que mon blogue vous plaise et merci pour le commentaire! Le feuilleton comme d’autres genres littéraires pourrait en effet renaître, qui sait?
pirathecaire a dit ceci sur 10 octobre 2009 à 21 09 54 1054 |
Bien que mon opinion reste minoritaire, je crois en l’avenir de l’Epaper. Le papier il y en aura de moins en moins dans les années à venir. Tous commes les disques durs ssd éventuellement remplacent petit à petit le support physique, l’Epaper risque fort de succéder aux livres papier qui peuvent se déchirer autant que des vieux disques qui peuvent se rayer par ailleurs.
Il faut seulement que le tout matériel électronique et électrique se démocratise on-live via aussi des formules sans abonnement prépayées comme pour les téléphones portables ou encore pour certaines formes d’achats en ligne.
Et aussi que des machines e-ink et e-paper soient bon marché au profit du plus grand public.
Aurélien a dit ceci sur 28 octobre 2009 à 9 09 55 1055 |
Rectification je voulais dire on line pas on-live comme la future console de jeu basée sur le Cloud-Computing qui est une technologie dématérialisation du tout numérique basée sur des gros serveurs à distance.
Aurélien a dit ceci sur 28 octobre 2009 à 9 09 57 1057 |