hé, les biblioblogueurs québécois! chiche?

Durant le congrès Investir le monde numérique qui se tenait la semaine dernière à Montréal, je suis tombée sur cette lettre que les signataires se proposaient d’envoyer au journal La Presse. La lettre n’ayant apparemment pas été publiée, j’ai décidé de la diffuser via ce billet. Je mets au défi tous les biblioblogueurs québécois de faire de même. Et les biblioblogueurs francophones aussi, si cela leur chante. ;)

Le 9 novembre dernier, La Presse a publié dans sa section Opinions une lettre de Laurent Frotey, aide-bibliothécaire à la Bibliothèque interculturelle de Côte-des-Neiges. En résumé, l’auteur s’y plaignait de l’évolution récente des bibliothèques publiques, en particulier de leurs collections.

Décidément, on n’en sort pas. Le développement des collections de nos bibliothèques fait beaucoup de malheureux, si on en juge par la couverture médiatique dont il est l’objet. Il faut dire qu’en cette matière comme en tant d’autres, le premier venu a tôt fait de se prétendre expert ou du moins de se targuer de posséder des connaissances amplement suffisantes pour juger de la situation. Pourtant, les nombreuses plaintes concernant les acquisitions en bibliothèques indiquent une méconnaissance évidente de la mission de nos bibliothèques comme du rôle des bibliothécaires en leur sein.

Ainsi, il y a une vision romantico-élitiste évidente qui émane de ce type de grief. Bien des gens qui se désolent de la piètre qualité des documents acquis par les bibliothèques publiques, voire du populisme dont celles-ci font preuve, croient que le but ultime d’une bibliothèque est d’éduquer le bon peuple et de défendre la Culture, celle avec un grand C. Or, est-ce bien la mission de la bibliothèque publique?

Au risque de les décevoir… non, la mission de la bibliothèque publique est ailleurs. Ou plutôt, elle est beaucoup plus variée que cela. Toute bibliothèque est d’abord un lieu d’information et de documentation. La bibliothèque est aussi un lieu de culture, mais dans un sens plus large que ce qu’entendent habituellement les détracteurs de la culture populaire. La culture ne se limite pas, ne se limite plus au patrimoine écrit. Elle ne se restreint pas à une forme d’art, à une technologie, à un canon, à un idéal qui serait défini… par qui, au juste? La bibliothèque est enfin, aussi, un lieu de loisir. Une mission qui en choque plusieurs, mais qui est tout aussi valable et défendable que l’apport culturel ou informationnel de la bibliothèque.

Quant au rôle des bibliothécaires, il est multiple. Oui, les bibliothécaires se soucient de développer des collections qui correspondent le plus exactement aux besoins de leurs clientèles, mais ils ont aussi pour tâche:

  • d’aménager de façon optimale les locaux de leur bibliothèque;
  • de gérer leur bibliothèque, de ses ressources humaines jusqu’à son budget en passant par sa logistique;
  • de gérer les systèmes informatiques de leur bibliothèque, en particulier son système intégré de gestion de bibliothèque (qui inclut le catalogue) et ses bases de données;
  • de faciliter le repérage des documents acquis en supervisant leur indexation et leur classification;
  • d’aider leur clientèle dans la recherche d’informations;
  • de former leur clientèle à la recherche documentaire, à une meilleure utilisation de l’information, etc.;
  • d’animer leur bibliothèque;
  • de faire la promotion de leurs services, bien souvent inconnus ou mal compris par leur clientèle et donc sous-utilisés;
  • de soutenir la gestion documentaire de leur organisation;
  • de faire de la veille pour leur clientèle;
  • … et nous en passons, et des meilleures.

La complexité de notre profession était d’ailleurs bien illustrée par le riche programme du tout premier congrès des milieux documentaires du Québec, qui avait justement lieu du 11 au 14 novembre et s’intitulait Investir le monde numérique – hé oui, il nous arrive de discuter d’autre chose que de livres, figurez-vous!

En somme, il est bien facile de se plaindre du développement d’une collection. Mais sur quoi se base-t-on pour critiquer celui-ci, au juste? Même les plaintes basées sur des données plus ou moins «sérieuses» puisque tirées de catalogues témoignent souvent d’une utilisation maladroite de nos outils de travail.

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser, l’analyse du développement d’une collection ne peut se faire à partir de découvertes hasardeuses faites dans les présentoirs de nouveautés ou même sur les rayons d’une bibliothèque. Pour présenter une critique justifiée, il faut pouvoir faire appel à des statistiques valables, comme celles fournies par certains outils d’analyse de collections de bibliothèque. Il faut savoir faire des tests par catalogue. Il faut connaître la politique de développement des collections d’une bibliothèque, ou à tout le moins, en l’absence d’un document précis, savoir interroger le bibliothécaire en charge du développement.

On peut supposer qu’il est très tentant de lancer des déclarations à l’emporte-pièce et de critiquer le travail des bibliothécaires en matière de développement de collections. Acheter des livres est apparemment une tâche facile, n’est-ce pas? Il est seulement dommage qu’on ne prenne pas soin de s’informer proprement avant de s’exprimer publiquement. Pour discuter de développement de collections, n’en déplaise aux ignorants, les bibliothécaires restent les mieux placés. Il est simplement dommage qu’on ne pense pas à nous interroger plus souvent!

En terminant, un conseil à ceux qui se disent insatisfaits des acquisitions de leur bibliothèque. Les bibliothécaires acceptent généralement avec plaisir les suggestions d’achat de leurs clients et se font un devoir d’y répondre, dans la mesure du possible. Pourquoi donc ne pas leur suggérer de meilleurs documents, si vous pensez en connaître?

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~ par pirathécaire le 17 novembre 2009.

20 Réponses to “hé, les biblioblogueurs québécois! chiche?”

  1. [...] J’ai répondu à l’invitation de @Pirathécaire qui nous interpelle ici [...]

  2. [...] Je réponds à l’appel de Pirathécaire : «learning revolution» [...]

  3. [...] Le développement de collection a fait la manchette encore une fois cette semaine. Espace B a répondu à l’appel que @Pirathécaire a lancé à la communauté des biblioblogueurs au Québec pour une diffusion collective de cette réaction : [...]

  4. [...] Je répond (en retard) à l’invitation du Pirathécaire: [...]

  5. [...] un intéressant commentaire portant sur “le cas Frotey” et publié sur un blog de bibliothécaire [...]

    Je réponds à votre invitation et référence votre billet dans mon blogue (je biblioblogue parfois même si je ne suis qu’un simple aide-bibliothécaire (petit “a” et petit “b”), un de ces “library grunt” qui exécutent les bases besognes dans les bibliothèques).

    • Merci.

      Library grunt? Ah ben, je ne connaissais pas l’expression!

      Quant aux commis ou aides-bibliothécaires… j’en compte assez parmi mes amis et même ma famille pour éviter le snobisme à leur égard. Surtout que… répondre aux clients n’est pas pour moi une basse besogne, même si elle peut parfois s’avérer difficile, voire pénible.

  6. Tant qu’a chier dans la cour des autres, assumez donc vos opinions. M. Frotey a eu l’audace de signer son article au péril de son emploi. Je crois que vous vous êtes trompé sur ses intention car c’est l’administration des bibliothèques de la Ville de Montréal qui était visée.

    • Je suis ravie de découvrir parmi mes lecteurs autant d’idées claires et de classe.

      Le texte auquel vous faites allusion reposait sur a) des statistiques souvent mal interprétées si ce n’est carrément mal citées et b) une méconnaissance globale de la bibliothéconomie.

      Pourquoi les bibliothécaires devraient-ils se taper cinq ans d’études universitaires, à votre avis? Pour apprendre à lire des cotes? Est-ce que c’est du snobisme que de dire que si nous avons de plus grandes responsabilités et de meilleures conditions, c’est que nous avons des connaissances et une expertise particulières?

      C’est bien dommage, mais il faut plus qu’un job en bibliothèque pour prétendre avoir une opinion éclairée sur un sujet comme le développement de collections. Avant de vous plaindre de ce qu’on peut acheter ou non, pensez-vous à poser des questions des fois?

      ET j’assume complètement mes propos, sur ce blogue comme dans ma vie personnelle et professionnelle. JE vais rester polie et me contenter de constater que vous semblez confondre audace et témérité.

      • « Avant de vous plaindre de ce qu’on peut acheter ou non, pensez-vous à poser des questions des fois? »

        Attitude carrément typique des bibliothécaires (excusez moi de véhiculer de si grossiers préjugés). Pensez-vous vraiment que M.Laurent Frotey se soit lancé comme ça, à décrier une situation imaginaire dans les médias, sans en avoir au préalable discuté avec ses confrères et supérieurs de la bibliothèque où il travaille ??
        Ou penseriez-vous plutôt comme moi qu’il ait déjà fait des pressions, des suggestions : qu’il ait posé des questions justement, et ce à qui de droit, mais qu’à chaque fois il en est resté avec une amertume dans la bouche, qu’il se soit fait dire de se mêler de ses affaires ??

        Comme je disais, typique des bilitothécaires : Posez-nous des questions. Si M. Frotey a décrié une telle situation, c’est qu’il a justement eu ses réponses.

        Pis (pire) encore, c’est quoi cette manie de sainte nitouche de thécaire de venir se sentir visée, personnellement visé dans son professionnalisme, alors qu’il est question ici de deux visions diamétralement opposée en ce qui a trait au but des bibliothèques publiques de quartier.
        Honnêtement, si ton boss de demande d’acheter de la junk, t’est pas obligé de venir le défendre publiquement en chiant (et oui, encore le mot qui fait mal à Pirathécaire) sur la tête des autres qui ont osé se tenir debout.

      • « C’est bien dommage, mais il faut plus qu’un job en bibliothèque pour prétendre avoir une opinion éclairée sur un sujet comme le développement de collections. »

        Parce que, pour toi, les gens qui n’ont « qu’une job en bibliothèque » ne sont que des gens qui « n’ont qu’une job en bibliothèque » ? Amusant comme façon de voir les choses.
        Ça expliquerait quand même pourquoi selon toi il faut se taper 5 années d’études universitaires pour pouvoir y comprendre qqch. à cette complexe tâche qu’est de développer des collections (5 années d’université oui, mais seulement 2 en bibliothéconomie, le bacc. pouvant être quelconque, ne servant que de « mise à niveau ». Et puis c’est quand même pas 2 ans de cours sur les développement de collections non ? 5 ans qui fondent à 3-6 mois… une grosse centaine d’heures environ).

        Je ne remets pas en cause ton professionnalisme, mais de venir sur la place publique jouer les vierges offensées parce que quelqu’un (qui travaille quand même dans le milieu qu’il décrit/décrie, ne le discréditons pas automatiquement)a osé se prononcer, c’est fort, avoue-le.

        Comme il a été si bien dit plus haut : « Je crois que vous vous êtes trompé sur ses intention car c’est l’administration des bibliothèques de la Ville de Montréal qui était visée. »
        Alors, pourquoi prendre ce ton offensé et venir apporter la lumière dans les ténèbres des bibliothèques publiques ?? Juste pour qu’on mette tes propos en miettes ?
        Quand M.Frotey a écrit son article, il ne semblait viser en aucun cas la profession de bibliothécaire, il semblait s’attaquer à de plus gros fantômes.

        Maintenant… « on écrit au gouvernement et c’est la compagnie qui nous répond », ça te rappelle quelque chose ?
        Moi ça me sonne de drôle de cloches…

  7. la révision de ton texte ne fait que commencer

  8. tu vas vraiment filtrer tous mes commentaires après avoir laissé un gars écrire le mot « chier » dans ton blogue ??

  9. t’assume rien du tout

    • Je passe 24h hors de WP et tout de suite les gros mots.

      Si cela vous conforte de penser que les bibliothécaires sont des ignares trippant sur de la cochonnerie, des sainte nitouche qui se prennent pour d’autres mais qui ne sont même pas foutu de répondre à des questions par des réponses que VOUS jugez justifiées et que leurs études, c’est de toutes façons n’importe quoi, tant mieux pour vous.

      Anyway, c’est nous qui avons les diplômes, les budgets et l’écoute de nos patrons, en bout de ligne. Oh, attendez… Ne serait-ce pas… Ah, laissez-moi deviner! Là est le véritable motif de votre frustration! Bien sûr, nous sommes si nuls, comment se fait-il qu’on nous laisse faire, hein?

      Quelle société pourrie, tout de même.

  10. Il me semble que le débat tourne au règlement de comptes… Si je peux me permettre une remarque de bibliothécaire non chargée du développement des collections : un employé de bibliothèque publique (qule que soit son poste, il connaît la réalité quotidienne du milieu) a émis une opinion qui lui semblait importante à propos de l’absence de politique de développement des collections multimédias. Je n’y ai pas vu une attaque des bibliothécaires, mais juste le soulignement d’une lacune importante au sein des bibliothèques de Montréal. Alors oui, nous avons pour mandat de rendre la culture sous toutes ses formes accessibles à tous, sans préjugés ni parti pris. Mais nous avons tout de même des politiques de développement, pour les supports plus « classiques », alors pourquoi pas pour les DVD ? (Parce qu’il existait un réel choix dans les vidéocassettes).
    Il me semble que ça devrait être la lecture à faire de l’article de M. Frotey. Sans tomber dans des disputes stériles sur les études des employés, ni la place de chacun dans la hiérarchie des bibliothèques.

    • Vu ainsi, je suis parfaitement d’accord. Si on développe, on devrait s’appuyer sur une politique. En l’absence d’une telle politique, on risque au mieux de faire des erreurs, au pire de se retrouver avec une collection à la valeur bien mince.

      Cela dit, ce n’est pas ce que j’ai cru lire dans le texte de monsieur Frotey. Ni les signataires de la lettre publiée ci-haut, d’ailleurs.

      Monsieur Frotey se plaignait qu’on acquiert trop de DVD à la Bibliothèque interculturelle de Côte-des-Neiges. Il attaquait du même souffle le type de DVD qu’on choisit. Il se plaignait de la trop grande popularité du DVD parmi la clientèle et disait même se sentir devenir un «employé de Blockbuster». Un sous-entendu évident: en dehors du livre, que dis-je? du Livre et de la Culture dont il constitue l’unique accès valable, point de salut.

      En ce qui concerne les disputes sur les études des employés et la place de chacun dans la hiérarchie des bibliothèques, elles peuvent paraître stériles, mais elles sont tout de même révélatrices.

      Durant ma relativement courte carrière, j’ai eu la chance de connaître des techniciens et des commis dévoués, allumés et curieux à qui il m’a fait plaisir de transmettre ce que je savais, d’expliquer le pourquoi des décisions qui pouvaient être prises au-dessus de nos têtes, d’offrir l’occasion de sortir des tâches conventionnelles lorsqu’ils me le demandaient. Je garde toujours une oreille attentive pour le personnel de bibliothèque, des «super techniciennes» aux commis étudiants. En fait, je m’intéresse peut-être même plus à ce qu’ils peuvent dire que mes collègues bibliothécaires, ne serait-ce que parce qu’ils sont «sur le front» et qu’ils savent bien nous ramener sur le «plancher des vaches» lorsqu’on se perd à discuter d’idées.

      Mais il ne s’agit pas de cela ici. Il n’est aucunement question de gestion de bibliothèque. Il est question d’une certaine vision des bibliothèques publiques dont j’estime qu’elle est carrément nocive, voire méprisante pour notre clientèle.

      Je ne sens pas que les années que j’ai pu passer à réfléchir sur la mission des bibliothèques, ses rôles variés, mon expérience plus que mes études, quoi, aient quelque valeur que ce soit aux yeux de ce type de détracteurs. Je sens un discours «idéologue», pour reprendre l’expression devenue péjorative, nourri par une mauvaise foi sans borne à l’égard des bibliothèques et d’une certaine vision des bibliothèques.

      Je compte d’ailleurs y revenir plus en détail dans un prochain billet.

  11. « Au risque de les décevoir… non, la mission de la bibliothèque publique est ailleurs. »

    Non seulement, elle est ailleurs, mais la bibliothèque est dans son plein droit en acquérant des livres que beaucoup (trop) considèrent comme de la junk littérature, ou de la littérature populaire.

    Ce serait nous faire croire que personne n’est passé des albums pour bébé, aux albums enfants, puis aux romans jeunes, avant d’accéder à tout le reste. Que personne n’a grandi, ni rencontré des livres pas terribles pour mieux apprécier les bons livres.
    Ceux qui ont du corps, ceux qui ont du coffre et de la persistance à travers le temps. Ceux qui vous marquent à vie.

    A croire que certains ont toujours été nourris au seul sein de l’excellence.

    La culture, c’est un escalier… si on rate une marche, on se casse la gueule dans la poudreuse.

    La bibliothèque est cet escalier.
    Sans escalier, il n’y a pas de progression, et sans progression, pas de culture.

    De plus, les bibliothécaires le savent très bien, si les gens ne se reconnaissent pas dans ce qui est proposé, ils ne reviennent pas. Et on comprend bien ce qui sous-tend les élites à réclamer de l’élite en bibliothèque, ils veulent la bibliothèque pour eux, pour leurs propres besoins.
    Tout le monde veut la bibliothèque pour soi.

    Les collections reflètent ce désir.

    Et tant mieux si les DVD sortent plus que les livres, ça prouve bien que les désirs changent.
    Que les générations évoluent. Et que les acquéreurs des DVD sont en phase avec la population de la bibliothèque. Contrairement à ceux qui acquièrent des livres trop élitistes, trop culturels ?

    La question est bonne.
    Car, oui, il existe aussi des bibliothécaires trop élitistes. Des bibliothécaires qui creusent des trous dans leur escalier.

    C’est un des gros dangers d’une politique d’acquisition qui ne voit que la « Culture » à défendre.

    Bien cordialement
    B. Majour

  12. Vos commentaires et les réactions qu’ils ont suscité m’amènent à faire de nouvelles réflexions, que vous pouvez lire sur mon blogue.

  13. Laurent Frotey aurait eu avantage à se taire. Ça n’empêche qu’il dit tout haut ce que beaucoup pense tout bas.
    Il serait, il va sans dire, mal venu de nommer des bibliothèques qui charcutent leur budget livres pour dépenser en vidéo, genre « vidéo club « .
    Payant en statistiques de prêt que , ben oui, des cadres ignares vont mettre de l’avant en clamant « on fait mieux »…

    Ben oui!
    On prête des DVD qui sont copiés (z’avez déjà (de visu) vu à la BANQ des portables noyés sous des tas de DVD en attente d’être graver?)
    Y’a pas de gêne. Au plus fort la poche.

    La non-existante d’une politique de développement des collections à la Ville de Montréal laisse le champ libre à toutes les folies onéreuses bien camouflées sous le très « in » de la diversification des collection.

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